LE JEU D'ÉCHECS "DOUBLE GAMBIT"

 

Deux joueurs s’affrontent. Et à travers la partie, se joue la rivalité implicite, entre deux formules de création et de société.


D’un côté l’avant-garde officialisée, par un quart de siècle de présence sur le devant de la scène, avec la remarquable illustration d’un style novateur...
De l’autre, une sagesse, qui a fait son miel de tous les pollens de l’histoire, s’enrichissant des strates archéologiques des mythes de la beauté...Ces deux forces ne sont pas ennemies mais, bien davantage que Kasparov et Karpov, elles mettent en marche les mécanismes de la fascination de la pensée, et l’opposition des joueurs acquiert une dimension exemplaire - celle de la vertu - qui anime les cœurs.


Regardez ces pions qui se dressent ! Au baroquisme moderne d’Arman répond le clacissisme mémorisé de Boisgontier.


Deux géométries, deux volumes parfaits de symbolisme, les arêtes les angles les figures, se meuvent et signifient, dans un affrontement qui incarne les valeurs qui nous font vivre.


Chacun de nous est invité à reconnaître les siennes.

... La grande partie du Sens des choses vient de commencer

 

André Parinaud

 

 

 

More than a challenge met by two major sculptors who enjoy playing the royal game of chess, "Double Gambit" is an open-ended dialogue chiselled in bronze. While Arman exteriorizes his obsessive passion for the sensuus forms of the violin, Boisgontier tries to recapture ancient memories from by-gone times. There exists no rivalry between Black and White. Arman's mannerism counterbalance Boisgontier's classicism. With subtle geometry and under-stated symbolism, the chessmen make their moves and leave their marks. A reminiscence on the past, an evocation of the future. Yet, for both artists, chess is an allegory of life : as a pawn of Nature and of his own contradictory forces, Man is always in check...

 

Dane MacDowell